Et au niveau B2, on fait quoi ?

J’ai été contactée récemment par un ancien étudiant de mon cours de Correction phonétique du Master de Paris Descartes , Benjamin Murcy, pour chercher avec lui comment aider une apprenante qui vise la certification du niveau B2 à améliorer sa prononciation.

L’une des difficultés à ce niveau est la fossilisation des difficultés de prononciation et l’impact de celles-ci sur les textes écrits. Nous avons donc réfléchi au moyen de faire travailler cette apprenante sur l’écoute, l’autodiagnostic avec la perception de ses propres erreurs de prononciation et des écarts par rapport à un modèle ainsi que sur le rapport phonie-graphie.

 

 

Voici quelques pistes :

– un travail de perception en autoformation guidée avec phonetique.free.fr sur les confusions de phonèmes identifiées,

– un travail de prise de conscience de ses propres erreurs avec la dictée vocale sur téléphone / tablette : faire dicter à la maison des textes de type « résumé » de compréhension orale ou de compréhension écrite et revenir en classe avec cette trace écrite et un relevé de tous les mots qui ont posé problème,

– un travail de repérage et conceptualisation de ses propres erreurs de transcription orthographique de l’oral (utilisation du Diclé https://www.editions-retz.com/pedagogie/maitrise-de-la-langue/dicle-dictionnaire-pour-lire-et-pour-ecrire-9782725633718.html),

– un travail en classe autour des erreurs relevées par l’enseignant :

  • perception (liste de paires minimales à partir des erreurs fréquentes)
  • puis identification de la transcription orthographique (je dis « achète », comment ça s’écrit parmi les propositions suivantes ? « achète » / « acheté » / « achetais »
  • puis production orale et écrite,

– un travail de conceptualisation de l’importance de la bonne prononciation du phonème pour effectuer des actes de communication précis (cf. la partie « outils » de la fiche du son)

– un travail de conceptualisation du rapport phonie-graphie à l’aide, par exemple, d’une fiche du son complétée au fur et à mesure par l’apprenante

Une autre difficulté de cette apprenante qui a appris le français « sur le tas » est la difficulté à s’exprimer dans un registre de langue adapté à la situation. (il se trouve que cela correspond aux niveaux supérieurs (de B1 à C2) de l’échelle de maitrise du système phonologique selon le CECRL et notamment sa version complétée en 2018).

Nous avons listé les activités suivantes :

– Un entrainement à la prononciation de la prosodie avec des activités du type de celles proposées dans l’ouvrage Je vis en France (technique à adapter à des textes correspondant au niveau B2) https://www.pug.fr/produit/1289/9782706125270 (lecture à voix haute avec prise en compte des groupes rythmiques)

– Un entrainement au repérage et à la prononciation des registres de langues :

  • un repérage à partir de documents authentiques : utilisation de micro-trottoirs pour positionner les différentes prises de parole sur un continuum de formel à informel,
  • un positionnement de sa propre production : « je parle plutôt comme la personne A / B /C /D »,
  • un travail spécifique centré sur ces compétences de haut niveau en prononciation avec le chapitre « Particularités phonétiques et registres de langue » du manuel complémentaire Phonétique essentielle du français B1/B2.

– un travail de variation du registre de langue en production orale :

  • imitation avec la pratique du « shadowing » à partir de courtes vidéos sur une thématique en variant les registres de langue,
  • production avec des activités théâtrales (cf. par exemple Rencontre… Rencontres ou Jeux de théâtre).

 

Pour aller plus loin avec « la dictée vocale »

À pratiquer avec un téléphone, une tablette ou un ordinateur, cette activité présente plusieurs avantages. Tout d’abord, c’est « la machine » et non l’oreille humaine qui entend les erreurs de prononciation. Cela désamorce les « mais non, c’est vous qui avez mal entendu ». Ensuite la machine compense quand il n’y a pas de mot proche, de sorte qu’elle corrige moins que l’humain qui pourrait être tenté de corriger tous les écarts de prononciation, même ceux qui ne posent pas de problème de compréhension. Enfin, cela permet d’obtenir une trace écrite instantanée d’une production orale. En outre, le repérage des erreurs est généralement très chronophage : il faut écouter plusieurs fois avant d’avoir un relevé des erreurs de prononciation à partir d’enregistrement. Ici, le repérage est instantané. Si cette saisie est doublée d’un enregistrement, les 2 supports peuvent servir à autodiagnostiquer les erreurs.

Pour aller plus loin avec « le shadowing »

Shadowing ? C’est-à-dire « suivre comme son ombre » quelqu’un qui parle. Cette technique est utilisée notamment pour l’apprentissage de l’anglais langue étrangère. Il s’agit de répéter les paroles d’un.e locuteur.ice le plus fidèlement possible, que ce soit pour la prosodie ou l’articulation, et le plus proche dans le temps possible. L’écoute se fait au casque et l’enregistrement au micro. La comparaison du modèle et de la production a pour but de repérer les écarts et les points à renforcer.

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